AgriCo Oui –
Abattoir Non
En bref
En soutenant cette action…
Pourquoi s'y opposer ?
Pour plus de détails sur les problèmes liés à ce projet, vous pouvez visiter le site web de la pétition de 2022, également disponible auf Deutsch.
L'emplacement est inadéquat
Le terrain réservé à l'abattoir se trouve sur une nappe phréatique importante (Au), et particulièrement proche de la surface, une zone anciennement marécageuse. En conséquence, le bâtiment nécessiterait plus de 1'000 pieux enfoncés jusqu'à 30 mètres de profondeur pour assurer sa stabilité. Ces pieux se retrouveraient plantés dans la nappe phréatique, et peuvent perturber son fonctionnement naturel, la filtration de l'eau, et condamneraient définitivement le terrain à d'autres usages: il n'est pas prévu de les retirer, quel que soit les besoins futurs sur cette parcelle.
La parcelle est également au lieu d'accumulation des pluies (zone la plus basse), et est située juste à côté de la Petite Glâne d'un côté, et proche de la Broye de l'autre: les intempéries de plus en plus fréquentes avec le déréglement climatique présentent ainsi des risques importants d'inondation du bâtiment au cours des décennies d'exploitation de l'usine. Celle-ci comporte des produits chimiques, comme l'ammoniac, et une inondation entraînerait des pollutions irréversible des cours d'eau mentionnés et du lac de Morat.
Par ailleurs, les énormes besoins en eau potable de l'abattoir, au moins 400 millions de litres par an, l'équivalent d'une ville de 10'000 habitants, et le rejet d'un volume identique d'eaux usées industrielles ne peuvent être satisfaits avec les infrastructures existantes, et nécessiteraient de nouvelles conduites et une nouvelle STEP. D'importants investissements d'argent publique sont nécessaires, et la possibilité de conventions spécifiques pour les coûts facturés à l'abattoir que prévoit le nouveau règlement communal de St-Aubin (2026), n'exclut pas qu'une part importante des frais engagés pour l'entreprise soient finalement payés par la population. En effet, la confidentialité de ces conventions rend même cette éventualité invérifiable...
La présence de l'abattoir en campagne ne sert qu'à justifier un narratif mythique d'animaux "de ferme", alors que les poulets d'élevage extensif passent l'essentiel voire leur vie entière sur des sols en béton, de l'incubation en Valais à l'abattage. Ce mythe du produit "paysan" ne correspond pas aux normes légales du poulet fermier, nécessite un important traffic de camions à travers la Suisse entière - l'abattoir prévu tuerait plus de la moitié des poulets élevés en Suisse - et conduit au bétonnage des terres agricoles lors de l'installation des halles d'engraissement parsemées dans les campagnes. Si un élevage extensif de poulets devait être maintenu, il pourrait se faire en un seul lieu, souterrain, en ville ou sur des terres impropre à la culture, de sorte de préserver les terres agricoles et d'éviter les nombreux trajets polluants et parfois mortels pour transporter les animaux.
La production industrielle de viande est obsolète
La consommation de viande des pays riches doit grandement diminuer à court terme si l'humanité veut réussir à infléchir la trajectoire du réchauffement et déreglement climatique actuelle, et atteindre la neutralité carbonne en 2050. Les protéines végétales consomment beaucoup moins d'énergie à produire, et sont également meilleures pour la santé humaine. La surface agricole nécessaire à la production de protéines animales est aussi beaucoup plus importante, proportionnellement, que pour la production de protéines végétales. Si la viande et le lait de montagne permettent, en Suisse, l'utilisation des sols impropres à la culture des céréales, des huiles et des légumes, le fourrage des poulets est, lui, directement en concurrence avec ces dernières, et le plus souvent en privant les pays plus pauvres et du Sud d'une nourriture locale pour favoriser l'exportation.
La prise de conscience des souffrances infligées aux animaux, ces dernières décennies, et de leur proximité biologique et psychique avec l'être humain, et les risques sanitaires et écologiques importants qu'entraine l'industrialisation du vivant (Coronavirus et autres zoonoses, manipulations génétiques, perte de la biodiversité, etc.) nous invite à abandonner l'élevage industriel d'animaux, qui sont des clones génétiques condamnés à passer leur courte vie sur des surfaces de béton avant d'être assassinés pour alimenter un marché de la viande (trop) bon marché. Ce modèle du siècle dernier n'est plus défendable aujourd'hui, et n'est peut-être même bientôt plus rentable...
Que se passerait-il alors, si tout-à-coup ce commerce devait être abandonné? L'arrêt soudain, décidé par la même entreprise, de viande de dinde est très parlant: les éleveurs, liés par des hypothèques et des bâtiments devenus obsolètes, se voient proposer en contre-partie un "emploi en tant que boucher ou une autre activité" sur les sites de production (La Liberté, 21 déc. 2006, voir ci-dessous). Un commerce si peu fiable fait courrir un risque économique important à St-Aubin, qui a déjà vécu avec un site industriel abandonné pendant 10 ans, suite au départ d'Elanco.
Articles de pressetimeline
Pas d'abattoir dans le PAC AgriCo
Le site AgriCo a été présenté comme un site dédié à l'innovation, dans le but de fournir un site incubateur de start-up et de PME offrant de nouvelles places de travail de valeur dans la région. Comme en témoigne le plan ci-contre, le développement du site est prévu sans Micarna, dans l’annexe A du Plan d'Aménagement Cantonal mise à l'enquête publique en 2018 (source: étude Urbaplan).
En avril 2021 encore, les 2 scénarii du Rapport «AgriCo» (voir ci-contre, art. 47 OAT, PAC,, pp. 19-20) de la Commune de Saint-Aubin (FR), présentent une occupation du site parsemée d'entreprises nombreuses, à moindre emprise sur le terrain, et à plus forte valeur ajoutée (source: Urbaplan).
Le communiqué de presse de l'État met en évidence cette orientation, et promet la création de 1600 emplois, alors que l'abattoir ne fait pratiquement que déplacer des emplois déjà existants, et parmi les moins attractifs du marché.
La décision du Grand Conseil
La vente d'un tiers de la surface constructible du site AgriCo (92'975m²) pour un abattoir est décidée par un
décret cantonal, à la suite du rapport de la
commission par Claude Brodard (PLR). Celui-ci reconnaît que le projet d'abattoir ne répond pas aux critères annoncés
pour l'installation des entreprises sur le site AgriCo, mais il défend néanmoins son acceptation (voir le
PV de la session parlementaire de décembre 2020 du Grand Conseil du Canton de Fribourg, pp.4045-4060). En effet, il
considère que les inconvénients infligés à la population locale sont moins importants que les intérêts de l'entreprise, et
que c'est aux autorités locales - la commune? - que revient la tâche de faire passer la douloureuse:
"Je relève encore un point qui pourrait s’avérer péjorant pour ce projet. Ce sont très clairement les écueils en matière
d’aménagement du territoire. En effet, avant toute construction, le plan d’affectation cantonal devra être approuvé. En ce
sens, la Commission des finances et de gestion invite le Conseil d’Etat à ne pas négliger les impacts en lien avec la mobilité
et, ainsi ne pas provoquer des tensions au sein de la population locale. Cet aspect devra être très bien piloté. Evidemment on
ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs." (Claude Brodard, idem, p.4046).
Outre les inconvénients, les habitants de St-Aubin et de la région doivent également assumer les risques d'une construction
inadaptée au site choisi, risques que le Conseiller d'État en charge du dossier reconnaît lui-même:
"Alors, maintenant vous posez quand même la question Quel est réellement le risque ? Nous avons pris ce risque-là, d'un autre côté l'acheteur
a pris le risque pour le surcoût à cause du sol, le sol là-bas est relativement instable donc on peut s'imaginer qu'il y aura
des coûts supplémentaires notamment la mise en place de pieux pour stabiliser le sol. On va quand même mettre un atelier de
transformation sur ces terrains-là, donc il y a aussi un certain poids, là on s'est réparti un peu les risques." (Olivier Curty,
idem, p.4056).
Ces risques à eux seuls suffiraient à justifier l'abandon de la vente, et à réserver le terrain à d'autres entreprises, dans le but de especter la promesse faite à La Broye et un développement économique créant des places de travail attractives, mais la majorité politique en discute seulement pour mieux les ignorer.
Le communiqué de presse
Échanges avec les autorités politiques
À suivre...
Réponse du Conseil d'État Réponse du Grand Conseil à la pétitionProcédures judiciaires
À suivre...