AgriCo Oui –
Abattoir Non
En soutenant cette action…
- vous exigez une politique de promotion économique et d'usage du territoire mieux réfléchie à long terme ;
- vous défendez les animaux, leur dignité et le respect du vivant ;
- vous obligez l'État à prendre ses responsabilités face à ses propres engagements pour la protection du climat, de l'environnement et de la biodiversité ;
- vous réduisez les risques de catastrophe (pollution, grippe aviaire, …) ;
- vous défendez la qualité de vie des habitant·e·s de campagne.
Pourquoi s'y opposer ?
Le lieu est très mal choisi pour une industrie de ce type: les risques n'ont pas été sérieusement considérés et les infrastructures (trafic, eau...) ne sont pas disponibles.
L'emplacement est inadéquat
Le terrain réservé à l'abattoir se trouve sur une nappe phréatique importante (Au), et particulièrement proche de la surface, une zone anciennement marécageuse. En conséquence, le bâtiment nécessiterait plus de 1'000 pieux enfoncés jusqu'à 30 mètres de profondeur pour assurer sa stabilité. Ces pieux se retrouveraient plantés dans la nappe phréatique, et peuvent perturber son fonctionnement naturel, la filtration de l'eau, et condamneraient définitivement le terrain à d'autres usages : il n'est pas prévu de les retirer, quel que soit les besoins futurs sur cette parcelle.
La parcelle est également au lieu d'accumulation des pluies (zone la plus basse), et est située juste à côté de la Petite Glâne d'un côté, et proche de la Broye de l'autre : les intempéries de plus en plus fréquentes avec le dérèglement climatique présentent ainsi des risques importants d'inondation du bâtiment au cours des décennies d'exploitation de l'usine. Celle-ci comporte des produits chimiques, comme l'ammoniac, et une inondation entraînerait des pollutions irréversibles des cours d'eau mentionnés et du lac de Morat.
Par ailleurs, l'abattoir nécessiterait une énorme quantité d'eau potable: au moins 400 millions de litres par an, l'équivalent d'une ville de 10'000 habitants, que les infrastructures existantes ne permettent pas de fournir. Un volume identique d'eaux usées industrielles serait rejeté, concentrant au même endroit les les bactéries, virus et antibiotiques de plus de la moitié des poulets élevés en Suisse. D'importants investissements d'argent public sont nécessaires pour les infrastructures, et la possibilité de le règlement du financement par conventions spécifiques avec l'entreprise (voir p.ex. le nouveau règlement communal de St-Aubin sur l'eau), n'exclut pas qu'une part importante des frais soient finalement payés par la population. En effet, la confidentialité de ces conventions rend même cette éventualité invérifiable...
La présence de l'abattoir en campagne ne sert qu'à justifier un narratif mythique d'animaux "de ferme", alors que les poulets industriel sont issus d'une race Ross 308 appartenant à une entreprise étrangère, et passent l'essentiel de leur courte vie sur des sols en béton, de l'incubation en Valais à l'abattage. Ce mythe du produit "paysan" ne correspond pas aux normes légales du poulet fermier, nécessite un important trafic de camions à travers la Suisse entière et conduit au bétonnage des terres agricoles lors de l'installation des halles d'engraissement parsemées dans les campagnes.
La production industrielle de viande est obsolète
La consommation de viande des pays riches doit grandement diminuer à court terme si l'humanité veut réussir à infléchir la trajectoire du réchauffement et dérèglement climatique actuelle, et atteindre la neutralité carbone en 2050. Les protéines végétales consomment beaucoup moins d'énergie à produire, et sont également meilleures pour la santé humaine. La surface agricole nécessaire à la production de protéines animales est aussi beaucoup plus importante, proportionnellement, que pour la production de protéines végétales. Si la viande et le lait de montagne permettent, en Suisse, l'utilisation des sols impropres à la culture des céréales, des huiles et des légumes, le fourrage des poulets est, lui, directement en concurrence avec ces dernières, et le plus souvent en privant les pays plus pauvres et du Sud d'une nourriture locale pour favoriser l'exportation.
L'élevage industriel de poulets est vanté comme la viande présentant le meilleur rendement dans la transformation de protéines végétales en protéines animales; or, cette transformation est inutile, puisque que ces animaux consomment des aliments végétaux cultivés sur des surfaces qui pourraient directement nourrir les êtres humains, contrairement aux bovins ou ovins qui transforment l'herbe des pâturages. Le bilan écologique de la viande de poulet est donc très mauvais, malgré le "rendement" que permet l'optimisation de sa courte vie. Ce rendement sert surtout à produire une viande bon marché, pafois moins cher que le fromage.
La prise de conscience des souffrances infligées aux animaux, ces dernières décennies, et de leur proximité biologique et psychique avec l'être humain, et les risques sanitaires et écologiques importants qu'entraîne l'industrialisation du vivant (Coronavirus et autres zoonoses, manipulations génétiques, perte de la biodiversité, etc.) nous invite à abandonner l'élevage industriel d'animaux, qui sont des clones génétiques condamnés à passer leur courte vie sur des surfaces de béton avant d'être assassinés pour alimenter un marché de la viande (trop) bon marché. Ce modèle du siècle dernier n'est plus défendable aujourd'hui, et n'est peut-être même bientôt plus rentable...
Les risques d'un abandon soudain
Que se passerait-il alors, si tout-à-coup ce commerce devait être abandonné ? L'arrêt soudain, décidé par la même entreprise, de viande de dinde est très parlant : les éleveurs, liés par des hypothèques et des bâtiments devenus obsolètes, se voient proposer en contrepartie un "emploi en tant que boucher ou une autre activité" sur les sites de production (La Liberté, 21 déc. 2006, voir ci-dessous). Un commerce si peu fiable fait courir un risque économique important à St-Aubin, qui a déjà vécu avec un site industriel abandonné pendant 10 ans, suite au départ d'Elanco.
Articles de presseTimeline
Procédures formelles
Pas d'abattoir dans le PAC AgriCo
Le site AgriCo a été présenté comme un site dédié à l'innovation, dans le but de fournir un site incubateur de start-up et de PME offrant de nouvelles places de travail de valeur dans la région. Comme en témoigne le plan ci-contre, le développement du site est prévu sans Micarna, dans l'annexe A du Plan d'Aménagement Cantonal mise à l'enquête publique en 2018 (source : étude Urbaplan).
En avril 2021 encore, les 2 scénarii du Rapport «AgriCo» (voir ci-contre, art. 47 OAT, PAC, pp. 19-20) de la Commune de Saint-Aubin (FR), présentent une occupation du site parsemée d'entreprises nombreuses, à moindre emprise sur le terrain, et à plus forte valeur ajoutée (source : Urbaplan).
Le communiqué de presse de l'État met en évidence cette orientation, et promet la création de 1600 emplois, alors que l'abattoir ne fait pratiquement que déplacer des emplois déjà existants, et parmi les moins attractifs du marché.
La décision du Grand Conseil
La vente d'un tiers de la surface constructible du site AgriCo (92'975 m²) pour un abattoir est décidée par un décret cantonal, à la suite du rapport de la commission par Claude Brodard (PLR). Celui-ci reconnaît que le projet d'abattoir ne répond pas aux critères annoncés pour l'installation des entreprises sur le site AgriCo, mais il défend néanmoins son acceptation (voir le PV de la session parlementaire de décembre 2020 du Grand Conseil du Canton de Fribourg, pp. 4045-4060). En effet, il considère que les inconvénients infligés à la population locale sont moins importants que les intérêts de l'entreprise, et que c'est aux autorités locales — la commune ? — que revient la tâche de faire passer la douloureuse :
"Je relève encore un point qui pourrait s'avérer péjorant pour ce projet. Ce sont très clairement les écueils en matière d'aménagement du territoire. En effet, avant toute construction, le plan d'affectation cantonal devra être approuvé. En ce sens, la Commission des finances et de gestion invite le Conseil d'Etat à ne pas négliger les impacts en lien avec la mobilité et, ainsi ne pas provoquer des tensions au sein de la population locale. Cet aspect devra être très bien piloté. Evidemment on ne fait pas d'omelettes sans casser des œufs." (Claude Brodard, idem, p. 4046).
Outre les inconvénients, les habitants de St-Aubin et de la région doivent également assumer les risques d'une construction inadaptée au site choisi, risques que le Conseiller d'État en charge du dossier reconnaît lui-même :
"Alors, maintenant vous posez quand même la question Quel est réellement le risque ? Nous avons pris ce risque-là, d'un autre côté l'acheteur a pris le risque pour le surcoût à cause du sol, le sol là-bas est relativement instable donc on peut s'imaginer qu'il y aura des coûts supplémentaires notamment la mise en place de pieux pour stabiliser le sol. On va quand même mettre un atelier de transformation sur ces terrains-là, donc il y a aussi un certain poids, là on s'est réparti un peu les risques." (Olivier Curty, idem, p. 4056).
Ces risques à eux seuls suffiraient à justifier l'abandon de la vente, et à réserver le terrain à d'autres entreprises, dans le but de respecter la promesse faite à La Broye et un développement économique créant des places de travail attractives, mais la majorité politique en discute seulement pour mieux les ignorer.
Le communiqué de presse
Échanges avec les autorités politiques
Avant de s'opposer à la construction de l'abattoir par les voies judiciaires, nous avons tenté d'obtenir un dialogue avec les autorités politiques à plusieurs reprises.
Les premières tentatives de discussion prennent la forme de lettres adressées à plusieurs communes
concernées, dont St-Aubin, au Comité directeur de la stratégie agroalimentaire du Canton de Fribourg,
et au Conseiller d'Etat en charge du dossier, Olivier Curty: dans sa réponse du 23 septembre 2022,
ce dernier nous fait savoir que ce projet respectera les normes légales en matière d'épuration de l'eau,
notamment, et il promettait un maintien voire une baisse du prix de l'eau potable communale.
Or, le règlement communal de 2026 de St-Aubin a déjà opéré une première augmentation du prix à la consommation.
En 2022, nous déposons une pétition munie de 3607 signatures auprès de la Chancellerie, pour enjoindre les autorités politiques à reconsidérer leur décision d'implantation d'un abattoir dans un lieu inadapté, et à considérer les nouvelles données climatiques. En vain.
Réponse du Conseil d'État Réponse du Grand Conseil à la pétitionEn 2023, EcoTransition - La Broye organise un débat à St-Aubin, auquel participent le Conseiller d'Etat François Steiert, Tina Raetzo des Verts de la Broye, le chef de projet de Micarna Lutz von Strauss et plusieurs membres de l'association. Malgré le rentitissement médiatique de ce premier débat, les autorités refusent la moindre remise en question du projet.